Mr Nobody

18 janvier 2010 Aucun commentaire
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À éviter...BofPas malBienGrand FilmChef-d\'oeuvre(5)

Mr NobodyJe descend tout juste du nuage de Van Dormael et avant d’y re-remonter je tente une rédaction de critique ( tant que, dans ma tête, les mots sont encore dans un sens relativement logique ).

Dans ma vie j’ai eu feu FIncher et Boyle ( avant qu’ils s’en aille dans le monde des films qui font pleurer les yeux des coeurs sensibles aux amours impossibles ), j’ai Arronofsky, Richie, Aja et maintenant Van Dormael. Non seulement son Mr Nobody, que j’attendais depuis des mois et des mois et dont je me faisais tout une montagne, ne m’a pas déçue, mais en plus il m’a agréablement surprise. ça, ça faisait tellement longtemps que ça ne m’était pas arrivé que je ne me souviens même pas de la dernière fois.
Du coup après avoir détesté Avatar et l’avoir dis ( malgré les pressions politiques que je subi ), je crie haut et fort ( toujours envers et contre tous ) que Mr Nobody ressemble de très près au meilleur film de l’année ( et même plus encore ). Je l’ai trouvé beau du début à la fin, à chaque fois qu’une scène commençait j’étais contente que le film ne soit pas terminé !

“ -Who are you ?
Nobody. ”

Le film s’ouvre sur ce dialogue, et c’est beau ! ça ne dit rien mais en même temps ça annonce tellement de choses…

Normal qu’il ait fallut 7 ans à Jaco Van Dormael pour arriver à écrire un scénario pareil ! Il y en a de partout ! Les histoires s’accumulent, se répondent, se corrigent…
Némo a neuf ans quand ses parents se séparent. Il doit faire un choix : partir vivre avec sa mère ou rester avec son père. Comment se décider quand on ne sait pas ce qui nous attend d’un côté ou de l’autre ?
Mais c’est un vieux Nemo que l’on retrouve : il a 118 ans et c’est le dernier mortel dans un monde maintenant peuplé de “ quasi-immortels ”. Sollicité par un psy et un journaliste, il nous raconte ses vies, toutes celles qu’il aurait pu avoir, ou qu’il a eu, selon les différents choix faits et décisions prises.

gare

Tout est très esthétique et contrôlé dans ce film. C’est très graphique, Van Dormael a vraiment travaillé là dessus. L’univers en jacquard est génial ! Le bruit que fait le pull de Jared Leto quand il tire dessus, les rues vides, les panneaux… A la gare aussi, quand le petit Némo doit faire son choix, il y a tout plein de panneaux. C’est peut être un peu trop évident comme signes, ce qui rendrait moins intéressant l’univers du film parce que trop transparent, mais c’est parce qu’il y en a tellement partout qu’on est bien obligé d’en voir certains !
En parlant des signes et des trucs à remarquer, je tiens à corriger le pauvre avis de 30 lignes qui est paru dans le Mad Movies du mois de janvier ( à côté des dizaines de pages sur Avatar, ça fait mal ! ) qui dit que le film empreinte certaines chose à Matrix ( ??? ) dont le nom du héros : Nemo > Néo qui signifierait “ les choix qui s’offrent à lui ”. Visiblement cet article a du être écrit sur un bout de papier-toilette pendant une pause pipi ( voire popo ) parce que, l’essentiel à savoir sur le mot “ nemo ” c’est qu’en latin on le traduit par “ personne ”… ça m’embête de critiquer Mad mais je le fais quand même : ça devient n’importe quoi !

Ce qui rend ce film si doux et si étrange sans pour autant nous submerger sous des effets spéciaux hors de prix c’est cet esthétique particulière ( au niveau des couleurs, des décors… ) et les astuces que Van Dormael utilise. Par exemple, il a enregistrée certaines scènes en faisant marcher les acteurs à l’envers pour ensuite remonter tout ça dans le bonne ordre. C’est pour ça que les gens ont quelque chose d’étrange dans leur démarche.

mr-nobody_176

Nemo est un personnage super intéressant : Personne Personne, il n’existe pas, on ne trouve aucune archive sur lui et la seule façon de le connaître est d’écouter son histoire. Jared Leto est vraiment génial dans ces rôles ( et je dis pas ça juste parce que j’espère secrètement me marier avec lui un jour ), il interprète environ une vingtaine de Nemo différents dans le film. Pour le Nemo de 118 ans, il passait 5 heure à se faire maquiller chaque jour et il ne reste absolument rien de vrai sur lui ( sauf ses ongles dit Jaco Van Dormael ). Pour d’autres personnages il porte des extensions de cheveux et surtout beaucoup beaucoup de maquillage, tout le temps. Il dit que plus il est éloigné du personnage, plus il doit aller vers lui et donc l’incarner au plus près. En tout cas ça marche parce qu’il est excellent !
Diane Kruger est aussi excellente. Elle ne m’avait pas subjuguée dans Inglorious Basterds mais là il est évident qu’elle a tout a fait sa place au côté de Leto. D’ailleurs leur couple fonctionne parfaitement et heureusement parce que c’est pour ainsi dire un des pilier du film, avec leurs homologues, plus jeunes, joués par Toby Regbo et Juno Temple. Qui sont, eux aussi, tout à fait en osmose.
Les deux autres figures féminines du film interprétées par Sarah Polley pour Elise et Linh-Dan Pham pour Jeanne ne sont pas aussi convaincantes, surtout pour Linh-Dan Pham parce que Sarah Polley a la chance d’être aux côtés de Jared Leto pour ma scène préférée du film : celle où Némo se réveille en sursaut et où il lui explique sa théorie sur l’ours. J’adore !

scène de l'ours

Bon, évidemment, Jaco Van Dormael nous sert surtout de l’histoire d’amour mais il le fait si bien que même les plus réfractaires du genre ( = moi ) oublieront leur aversion et trouveront même ça plaisant ! Surtout quand les couples d’acteurs principaux marchent aussi bien, c’est un vrai plaisir à regarder.
D’autant plus qu’ils sont aussi servi par ce scénario fantastique. Personnellement je trouve la chronologie du récit super mais je pense que ça peut en dérouter certains: on passe du futur au passé pour ensuite faire un petit retour dans le temps histoire de changer quelques petits trucs qui n’allaient pas puis on fait un glissement à la parallèle pour se retrouver dans une autre vie… On s’y retrouve, c’est pas non plus incompréhensible mais c’est original. Et c’est pour ça que c’est bien !

La réalisation en elle même est aux environ du parfait et approche du exactement.
C’est tellement bien de faire le net sur la personne qui reste plutôt que sur celle qui s’en va ( comme dans la gare par exemple ) qu’il n’y a rien à dire ! Les plans rapprochés du vieux Nemo ou celui du jeune sont toujours beaux et agréables. Pas agressif ou fait n’importe comment comme dans certains autres films. Je ne sais pas si Jared Leto a donné son avis quant à la réalisation ( je sais qu’il a réalisé quelques clips ) mais ces scènes sont toujours géniales : il est bien placé, il fait les gestes qu’il faut et la caméra a toujours un angle significatif ou intéressant.

Pour toute ces raisons et encore plein d’autre il ne faut pas rater ce film et surtout il faut en parler autour de vous parce que j’ai bien l’impression qu’il va passer relativement inaperçu.

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